Glossaire
Ebrasement (ou ébrasure)
«Biais donné à l'épaisseur d'un mur, à l'endroit d'une baie, pour faciliter l'ouverture des venteaux ou donner plus de lumière» (Larousse). L'angle formé par l'ouverture et le plan du mur n'est généralement pas symétrique, tel qu'illustré sur ce dessin :
Le mur est vu de dessus, en coupe horizontale.
1 - tableau
2 - feuillure
3 - ébrasement
L'espace compris entre les deux ébrasements forme l'embrasure.
Observez, non seulement, les angles formés tiennent compte de la course du soleil, mais aussi sont prévus, pour, conjointement avec les autres ouvertures de la pièce, laisser pénétrer la lumière dans toutes les parties de la pièce, à des heures différentes du jour bien sûr, ce qui peut permettre l'aménagement du volume, selon les activités.
Subtil, n'est-ce pas?
DTU : Documents Techniques Unifiés
Les DTU déterminent, en complément des Normes (NFP) qui fixent les caractéristiques minimales et maximales des matériaux, les conditions générales de mise en oeuvre de ceux-ci. Etablis en 1978, ils n'ont pas d'effet rétroactif et ne concernent généralement pas les techniques antérieures à cette date.
DTU 26-1 : enduits aux mortiers de ciments, de chaux et de mélange plâtre et chaux aérienne.
Ces documents sont établis par le Groupe de coordination des textes techniques (Cahier du : Centre Scientifique et Technique du Bâtiment)
Les Chaux
Ne sont abordées ici que les chaux naturelles. En effet, les chaux artificielles ne sont en réalité que des ciments pauvres, dont la résistance mécanique est abaissée par l'apport d'inertes (fillers), et sont donc à proscrire en ce qui concerne le bâti ancien. Pour s'en convaincre, voir la page sur les enduits. Actuellement, les chaux hydrauliques artificielles ne devraient plus avoir cours sur le marché... mais les habitudes ont la vie longue !
Les chaux naturelles se divisent en deux catégories :
- les chaux aériennes (CL : Calcium Lime, ou DL : Dolomie Lime), obtenues par cuisson d'un calcaire renfermant moins de 3 % d'impuretés siliceuses (argiles...) Elles font leur prise entièrement avec le gaz carbonique de l'air.
- les chaux hydrauliques (NHL : Natural Hydraulic Lime), obtenues par cuisson d'un calcaire renfermant quelques impuretés siliceuses : 3 % ou plus. Leur hydraulicité est légère : la prise se fait à l'eau au début, puis continue à l'air.
La matière première pour la fabrication de la chaux est soit le calcaire, soit la dolomie. Ces minéraux sont préalablement concassés puis calcinés, on obtient alors la pierre à chaux ou chaux vive, qui doit être éteinte, par exemple dans un bac d'eau, au minimum pendant 3 mois avant son utilisation.
Ce type d'extinction artisanale donne la pâte à chaux. La fleur de chaux désigne la partie la plus fine, la plus légère sur le dessus dans le bac d'extinction ; elle sert pour les enduits et les badigeons, et c'est elle qui donne les meilleurs résultats. Quant aux parties les plus lourdes, au fond du bac, elles sont utilisées pour la maçonnerie.
L'appellation chaux grasse est réservée à la chaux en pâte. En usine, les pierres à chaux sont finement broyées, puis éteintes. Cela donne la chaux éteinte en poudre, ou CAEB (Chaux Aérienne Eteinte pour le Bâtiment). Sa résistance mécanique est de 30 kg/cm² à 28 jours (voir plus loin).
Quant aux chaux hydrauliques naturelles, elles ont été utilisées de tous les temps, comme les chaux aériennes, obtenues de la même manière, mais à partir de calcaires moins purs. Leur résistance mécanique (toujours à 28 jours) s'échelonne entre :
- 20 et 40 kg/cm² pour les NHL2,
- 35 et 100 kg/cm² pour les NHL3,5,
- 50 et 150 kg/cm² pour les NHL5.
Elles présentent des avantages notamment pour les lieux humides : soubassements, fondations, bétons, dallages, caves, partout où il y a de l'humidité (la prise va consommer de l'eau, et celle-ci sera évacuée sous forme de vapeur), et où peu d'air est en mesure de circuler (apport en gaz carbonique). Elles peuvent être utilisées en bâtardage avec la chaux aérienne, pour profiter des avantages de l'hydraulicité.
L'utilisation de la chaux hydraulique est donc spécifique.
La chaux aérienne constitue par conséquent le liant de base pour toute entreprise de restauration/réhabilitation.
La fabrication de la chaux, puis celle du mortier, et enfin la prise, constituent un cycle, dans lequel le matériau d'origine, le calcaire, est retrouvé à l'arrivée.
Au chapitre des inconvénients, on doit citer :
- non utilisable en milieu confiné et humide,
- gélivité,
- les délais de prise sont importants.
Ceci est bien un inconvénient lorsqu'il faut démonter puis remonter un échafaudage, ou bien l'immobiliser...
Mais ceci peut également constituer un avantage lorsque l'on considère qu'un enduit qui fait sa prise lentement laisse le temps d'effectuer une reprise, de reprendre une gâchée : il suffit de recouvrir le mortier d'une feuille de plastique humide pour arrêter la prise. C'est tellement pratique, lorsque arrive quelqu'un sur le chantier !... Pour être complet, il faut dire qu'un enduit de 3 cm d'épaisseur met 6 à 7 ans pour réagir entièrement. Là encore, ce qui peut paraître comme un inconvénient peut, et doit être classé parmi les avantages, car le mortier peut épouser, accompagner les variations du bâti...
- La chaux étant une base, même éteinte, elle conserve toute son agressivité. Ce risque est accru par l'élévation de température lors de la projection. En cas de projection sur les yeux, surtout ne pas hésiter à aller se les rincer immédiatement, le moyen plus simple étant d'avoir un pulvérisateur de chantier à proximité. Au mieux, il faut additionner l'eau d'une goutte de citron ou de vinaigre pour l'acidifier (la chaux est une base). Ne pas hésiter à consulter...
- la « faible » résistance mécanique.
Mais est-ce là réellement un inconvénient? Est-ce l'enduit qui va tenir le mur ? Alors c'est que la maçonnerie est de bien mauvaise facture... Considérons un mur pignon de 10 m de haut, et de 1 m d'épaisseur. Isolons une colonne de 1 m de large dans ce pignon, soit un volume de 10 m³. Avec une densité de 2,5, cette colonne pèse donc 25 t, soit 2,5 kg/cm². Et pourtant nos vieux murs sont maçonnés à l'argile !... Qui a dit que la chaux aérienne, avec une résistance de 30 kg/cm², n'était pas un liant assez solide pour la maçonnerie?
Note : l'unité kg/cm² a été utilisée ici à dessein, au lieu du Bar (ou encore du MPa, l'unité de référence : 1 MPa = 10 Bars).
Au chapitre des avantages d'un enduit à base de chaux :
- adhérence, plasticité, respiration du mur,
- assainissement du support : fongicide et insecticide,
- cet enduit est incombustible : il peut très bien constituer un fond de cheminée,
- cet enduit peut être appliqué sur du bois, sans risque aucun,
- il préserve la coloration des sables.
Nous vous conseillons de vous reporter au livre de 124 pages, consacré aux chaux dans les enduits.
A noter l'importance du sable dans un mortier : une plaquette de quarante-sept pages sur les sables est disponible, sortie en Novembre 1998.
Un page consacrée aux dosages est disponible.
Le Chanvre
Cette plante, cultivée en France, est composée de :
- la chènevotte, obtenue par défibrage mécanique à sec,
- l'étoupe, qui est une fibre très résistante, utilisée pour les cordages, les toiles, la plomberie, mais aussi la construction, bien qu'un enduit à l'étoupe soit plus difficile à appliquer,
- les graines, pour l'alimentation animale, pour l'huile des peintures,
- la sève.
L'étoupe et la chènevotte sont réutilisées dans la construction, depuis les années 80 ; il ne s'agit pas vraiment d'une innovation, car les Egyptiens anciens l'utilisaient déjà... Selon les entreprises qui produisent le matériau pour la construction, les sèves et le résines sont minéralisées plus ou moins intégralement, ce qui fait naturellement varier le prix, et donc l'usage auquel on le destine, et notamment selon le degré d'exposition à l'humidité.
Mélangé à de la chaux, la fibre se minéralise, et cela donne un mortier qui possède des caractéristiques intéressantes : isophonie, micro-drainage de l'humidité, résistance mécanique, isolation thermique, et résistance au feu. Ce type de mortier est donc vraiment intéressant, et peut être utilisé en sol, en redressement de plancher, en isolation de toiture, en enduits, mais également en construction neuve. Il peut être « coupé » avec du sable, pour une question d'économie, voire de correction de l'état de surface, que tout le monde n'apprécie pas forcément. Mais ceci est discutable, car le sable diminue le facteur d'isolation thermique mais augmente la masse, ce qui peut être bénéfique pour des questions d'inertie thermique et/ou d'effet de masse dans le cas d'une isolation phonique par association d'effets ressort et masse.
Cependant, Tiez-Breiz ne préconise pas de l'utiliser en dalle au rez-de-chaussée, car nous n'avons pas assez de recul sur le comportement à long terme du chanvre en présence d'humidité.
Voici quelques fibres de chènevotte, à l'échelle 1.
Géotextile
C'est un textile non tissé, imputrescible, destiné à empêcher les fines (boues) de passer, pour ne pas boucher à terme un drain ou un hérisson.
Mur
Termes utilisés
Ici, on voit un parpaing dépasser. Ceci est permis, sur le parement extérieur naturellement. Ce genre de détail se rencontre en montagne, sur des murs-pignon notamment. C'était le signe d'une construction soignée.
Reportez-vous à notre page sur les murs.
Chèvre
Une chèvre est constituée d'un mât ou de deux ou trois perches, joints par un cordage auquel l'on accroche le palan. Ce peut-être une partie de la charpente ou de l'étaiement si ceux-ci sont susceptibles de supporter les charges supplémentaires. Prévoir les marges de manœuvre lors de la mise en place du dispositif.
Voir un exemple sur chantier ici.